US ROAD-TRIP 2004/2005


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PAOLA... (par jon)

Ah... San Francisco... Ses rues pentues, ses lieux touristiques pleins de japonais et Français qui mitraillent de leur appareil photos, son centre rempli de grandes boutiques, sa Coit Tower, ses différents quartiers... Je suis littéralement tombé amoureux de cette ville... Et l’anecdote que je vais vous conter n’y est peut-être pas pour rien.

Cette histoire se passe alors que les grifforiens visitent la ville pour la première fois... En sortant de Chinatown, ses habitants pittoresques et son architecture d’orient, nous arrivâmes sur le quartier italien : pleins de drapeau vert blanc rouge, des restaurants à la pelle, un gars dans la rue qui crie sur les voitures, des conducteurs fous, bref un concentré d’Italie... Afin de régler deux problèmes d’un seul coup (un des grifforiens voulait jouer sa carte Anichilation, et les autres n’avaient rien mangé depuis plus de 2h), nous décidâmes d’entrer dans un restaurant-café qui faisait également petit : the steps of Rome (les marches de Rome).

Petit coin sympa, le live de Bob Marley flottait dans l’air. Le café se voulait définitivement italien, avec ses posters de grandes stars italiennes, ses spécialités du pays et son ambiance méditerranéenne. Peu de monde (en fait, nous étions les seuls au début), un serveur et une serveuse (probablement tous deux dans notre tranche d’age). Cette dernière s’approcha de nous, et je lui demandais alors si nous pouvions prendre un petit-déjeuner (a 10h du matin, on ne sait jamais aux US). Et là, ce fut le drame : frappé par la foudre du grand Zeus (commandé pour l’occasion par Cupidon), je tombe dans un abysse de plaisir au premier regard : des cheveux ondulés d’un brun relevé de mèches blondes, une forme qui n’avait rien à envier aux plus belles plantes, un regard d’un vert aussi intense que les plus profonds recoins perdus de l’Amazonie...

Un visage d’ange affichant un sourire enivrant qui rayonnait le bonheur par ce matin nuageux sur la ville. Une voix enchanteresse qui rappelait le soleil méditerranéen et un petit accent dont je n’ai pu discerner l’origine rajoutait du charme a cette vision de perfection. Je n’ai jamais cru à l’amour vrai et véritable, peut être parce que je ne l’ai jamais connu, mais quelque chose me dit que cette vision angélique n’était peut-être pas dénuée de sens, et que le destin m’a mis devant cette épreuve afin de me prouver que j’étais dans le faux. Une courte pensée me traversa l’esprit : une certaine soirée au Van Gogh ou nous jouâmes à la contrée tout en écoutant du Morsheeba... Je me dis alors que peut être, je savais maintenant ce par quoi mon ami était passé.

S’asseyant dans un coin, nous primes les cartes afin de regarder ce qui pourrait bien nous remplir l’estomac. J’essayais de porter tout mon intérêt à la carte, mais déjà, quelqu’un avait repéré l’attitude hagarde et rêveuse du Jon : c’était Diidine. Son sixième sens bien aiguisé (propre a vous toutes, mesdemoiselles) l’amena à cette simple conclusion : elle me plaisait. « Houah, trop mignonne la serveuse » dit Superik dans sa délicatesse habituelle. « Je lui mettrai bien 6 sur 10 » compléta-t-il dans un langage bien macho. « Rah, là tu es dur, Eric » s’insurgea Diidine. « Elle vaut au moins 8 ou 9.. » puis de rajouter sur un ton joueur « Et elle te mettrait un bon 8 sur 10 sur son échelle, John... ». Dès lors, les autres grifforiens comprirent vite la situation : des sourires moqueurs et petites remarques fusèrent, ainsi que beaucoup de regards plus ou moins discrets vers ladite demoiselle. Surpris par le commentaire de Diidine, je ne trouvais rien de mieux à répondre qu’un « Ah bon ? Tu crois ?... » qui ne manqua pas de déclencher plus de boutades de la part de mes amis.

Mais la voilà qui revenait pour prendre nos commandes... Réflexe conditionné ou instinct profond, je ne pus s’empêcher de prendre ma plus belle pause, et de commander un chocolat chaud avec une crêpe au Nutella « Avec de la chantilly, s’il vous plait ». Les émotions donnent faim, comme chacun sait. La charmante belle retourna derrière le comptoir pour préparer nos plats, et l’ami CGX en profita pour sortir son appareil photo... Et comme si de rien, il pris quelques photos de Diidine, assise a sa gauche. Tous deux faisaient dos a mon ange, mais le stratagème du CGX était sans faille : le miroir derrière moi en fut la preuve, ainsi que la photo qu’il me présenta...

Floue certes sur son appareil, mais impérissable dans ma mémoire. Cependant, il fallait me faire une raison : mon style n’étant pas les relations a très courte durée, habitant a plus de 2000 miles de la et ne restant que pour 2 jours dans la cité, je décidais donc non sans regrets de laisser la belle a son café, sa ville et ses activités.

En sortant du café, nous marchâmes un moment, mais les remarques fusaient toujours. Et je ne sais pas qui avait commencé, mais un nom retentit dans mes oreilles : Paola. Je ne saurai jamais son vrai nom, mais dans mon esprit c’est très certainement un prénom digne de la belle. D’ailleurs, plusieurs remarques sur Paola et moi continuèrent d’agrémenter notre voyage de retour...

Ah. San Francisco. Le long du grand Pacifique, les vagues défient le temps (heu, non..).Ville internationale accessible mais secrète parfois, dont les recoins sont remplis de trésors prêts a être découvert par les plus courageux et aventureux... J’ai le sentiment d’avoir trébuché sur une émeraude d’une valeur inestimable, seulement pour l’enfouir au plus profond de ma mémoire dans le sable du regret... Mais un, jour, je reprendrai mon bateau, et voguerai de nouveau sur cette mer de béton et d’acier, m’arrêtant dans chaque port a la recherche de ma belle... Et qui sait, le bijou que j’avais découvert a l’époque sera peut-être toujours là, a moins qu’un autre aventurier ne se soit déjà emparé du trésor, ou qu’a la place, je ne découvre un diamant encore plus rare...

La conclusion de cette histoire, très chers lecteurs, est une petite leçon de la vie : aussi planifié, aussi tracé que soit le chemin que vous décidez de marcher, l’imprévu peut à tout moment le balayer, telle une vague emportant un fragile château de sable sur son passage. Mais dans ce cas, chers amis, ne soyez pas peinés : vous pourriez bien découvrir un nouveau chemin encore plus intéressant que le dernier lorsque la vague se retirera. Comme a dit un jour un de mes amis : le bonheur est peut-être dans l’imprévu... Pour moi, cette phrase sonne d’autant plus vraie maintenant...

John, éternel romantique et latin lover,
converti en poète et philosophe pour l’occasion.